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Après l’audit de l’OIF : Nangaa devant de graves responsabilités

Il est tenu d’améliorer le fichier électoral dit «inclusif, exhaustif et actualisé, mais perfectible »

La CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), à travers son président Corneille Nangaa Yebeluo, a réitéré sa détermination de respecter le rendez-vous électoral du 23 décembre 2018 lors de la cérémonie de présentation du rapport de l’audit du fichier électoral de la RD Congo par l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) à l’issue de sa mission tenue le 25 mai dernier au siège de la centrale électorale à Kinshasa.

La grande préoccupation est celle de savoir, avec quel fichier électoral la CENI va-t-elle organiser ces élections combinées, la présidentielle, les législatives nationales et les provinciales? Cela quand on sait que, l’OIF qui a livré le verdict de sa mission parle d’un fichier «inclusif, exhaustif et actualisé, mais perfectible», qui doit nécessairement être amélioré.

Ainsi, nombreux sont des acteurs politiques de l’Opposition congolaise et une frange de la société civile qui affirment que Corneille Nangaa, en réalisant le fichier électoral, n’a pas fait mieux que ses deux prédécesseurs; l’abbé Apollinaire Malumalu et le pasteur Daniel Ngoy Mulunda.

L’actuel président de la CENI s’était servi, par le passé, des arguments des opérateurs politiques de l’Opposition et de la Majorité qui avaient respectivement qualifié les fichiers électoraux de 2006 et 2011 de corruptible et d’infecté.

A présent, on attend voir comment le président de la CENI et toute son équipe vont travailler pour améliorer ce fichier électoral qui contient 16,6% d’électeurs dont l’empreinte digitale n’a pas été relevée et organiser les meilleures élections qui soient crédibles, transparentes et apaisées. Surtout qu’en RD Congo, les élections ont été reportées à deux reprises.

Rapport de l’OIF

La mission d’audit du fichier électoral a débuté le 06 mai 2018, conformément au calendrier électoral publié par la CENI le 05 novembre 2018. Les experts de l’OIF ont été assistés par des délégués de l’Opposition, de la Majorité et de la société civile.

L’OIF, par la voix de trois de ses membres, dont le général Siaka Sangare, a donné les points forts du fichier électoral. Le rapport publié note entre autres le caractère inclusif, exhaustif et actualisé, mais perfectible du fichier électoral.

Ce qui nécessite des améliorations ayant fait l’objet de recommandations à court et moyen terme, en vue, notamment de son affichage provisoire pour permettre d’aboutir à des listes électorales définitives, conformément à la loi. Les recommandations à court terme n’auront aucune incidence sur les activités prévues dans le calendrier électoral.

L’OIF regrette cependant la faible implication des partis politiques et de la société civile, en proportion du territoire national, et ce, tout au long des opérations d’enrôlement. Dans les recommandations, la CENI doit isoler, pour le scrutin du 23 décembre 2018, les électeurs qui n’auront pas atteint 18 ans d’âge entre le 24 et le 31 décembre 2018, d’afficher les listes provisoires sur le territoire national.

En moyen terme, la mission de l’OIF recommande au gouvernement de la RDC, à travers ses services connexes concernés, de mutualiser les ressources pour aboutir à un système d’état civil au travers d’un programme global de recensement et d’identification de la population. Entre-temps, plus de 2% de cartes vierges ne sont pas revenues à la CENI, a encore relevé l’OIF. Ce qui représente tout de même un million de cartes dans la nature.

Si on les ajoute aux 6 millions de cartes distribuées aux doublons et aux mineurs, cela pourrait faire au moins 7 millions de personnes avec des cartes qui ne devraient pas avoir le droit de voter. Pour tous les dysfonctionnements révélés, l’OIF recommande des enquêtes approfondies et des sanctions, notamment contre les agents électeurs dans les provinces du Sankuru et de la Tshuapa.

Le général Siaka Sangaré, chef de la mission d’audit, assure qu’appliquer les recommandations à court terme n’aura pas de conséquence sur le calendrier électoral. Une précision importante soulevée par l’OIF qui ne remet pas en cause la qualité des électeurs, est que le manque d’empreinte à l’enrôlement n’est pas illégal en RDC.

Mais il y a aussi d’autres électeurs, sans qu’on sache combien, pour lesquels il y a manque des données, y compris les photos et les formulaires d’inscription. Une situation qui a inquiété l’OIF, qui a expliqué ne pas être en mesure de vérifier s’il y a des électeurs fictifs faute d’avoir pu se rendre sur le terrain.

Il a été demandé à la CENI d’interdire aux électeurs de voter ailleurs que dans le bureau de vote dans lequel ils sont inscrits. En 2011, les personnes se trouvant dans cette situation représentaient 18%. Et c’est ce qui, selon l’Union européenne, avait rendu les élections non crédibles.

Par Katshi


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