Il y a près de 10 jours, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), lançait à l’occasion de son premier voyage, son tout nouvel aéronef, le Gulf Stream1 à 21 places. Le Secrétaire permanent, Ramazani Shadary et quelques membres de son gouvernement y prenaient part vers une longue tournée dans l’ex-Equateur, désormais entrecoupé en 5 nouvelles provinces.

La nouvelle n’a pas été accueillie de la même façon par les autres partis politiques, même si le gestionnaire du PPRD a pris soin de préciser que cet appareil a été acquis sur fonds propres (cotisations de nombreux membres et cadres que compte ce premier parti de la Majorité Présidentielle).

Dans les salons politiques de partis politiques, surtout ceux de l’opposition, les critiques sont vite montées pour s’interroger sur l’origine de fonds ayant permis l’acquisition d’un avion.

Un cadre d’un grand parti de l’opposition non parlementaire ne s’est pas empêché de parler de détournements à l’heure où le pays et particulièrement la Ceni a besoin de l’argent pour aller aux élections. Un autre, dans une réflexion à hautes voix s’est demandé l’opportunité d’acheter un avion du parti pour quelques mois de campagne, alors que la population manque les moyens de survivre, croupissant dans la misère la plus noire.

Il est vrai que le Pprd est le tout premier parti politique congolais à s’acheter un avion (depuis Lumumba et les pères de l’indépendance), même si l’on sait que les individus l’ont déjà fait.

Les acquisitions d’un parti 

Dans chaque pays, lorsque le parti au pouvoir achète des biens meubles ou immeubles, cela suscite de la polémique. L’opposition se pose l’éternelle question de différencier les biens publics des biens privés.

Cela est encore plus prononcé en Afrique où l’on a du mal à faire la part des choses entre biens privés d’un parti politique et biens publics inaliénables. En achetant un 2ème avion, le PPRD qui en connait la nécessité surtout que la campagne électorale approche, choisit de foncer tout droit dans sa stratégie sans écouter les critiques des autres partis. Sera-t-il audité pour cela ? On ne sait jamais.

En principe, les grands partis politiques comme l’ANC et les autres ont mis en place un système de gestion qui leur permet d’acquérir honnêtement et sans fraude des unités de production comme les hôpitaux, les immeubles à usage commercial, les maisons d’habitation, les hôtels et autres fabriques de biens de première consommation. Ces biens qui doivent être acquis sur fonds de cotisations permettent aux partis de devenir indépendants vis-à-vis du Trésor public.

Avec plus de 150 députés nationaux, plusieurs sénateurs, gouverneurs, vice-gouverneurs, députés provinciaux, ministres nationaux et provinciaux, Maires de villes, bourgmestres, sans oublier les mandataires publics, le PPRD devait en principe être très riche s’il avait mis en place un bon système de gestion. Il devait avoir plus que deux avions, rien que par les cotisations, sans oublier ce que le partenariat avec d’autres partis politiques des pays amis pouvaient lui rapporter. Un si grand parti doit être une machine à sous, capable de créer des hôpitaux, industries, écoles, et employer une partie de la population, au lieu de laisser mendier à longueur de journées auprès de ceux qui sont bien placés. Après autant d’années au pouvoir, le PPRD avait l’occasion de démontrer que loin de toute calomnie, il sait créer et gérer ses propres unités de production, fruit du labeur de ses filles et fils. Cela attirerait même les plus sceptiques à adhérer au parti… Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Muntu Bualu/L’Avenir