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A trois mois des élections : La RDC de nouveau dans l’incertitude

La Cour Constitutionnelle et la CENI accusées de partialité, le CSAC complaisant et le CNSA inopérant, les extrémistes de tous bords dans l’irresponsabilité, la misère noire complique

Les arrêts de la Cour Constitutionnelle invalidant l’ex vice-président et sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo et d’autres candidats, parmi lesquels Adolphe Muzito, le chairman du Mouvement de Libération du Congo (MLC) n’a pas mis de gants pour accuser la Cour Constitutionnelle et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) d’être aux ordres du pouvoir.

« Évidemment qu’on a instrumentalisé la justice pour m’écarter comme d’autres candidats de l’opposition », a souligné Bemba. Selon lui, tout juriste sérieux sait que la subornation n’est pas corruption. « Tout le monde se rend compte que tout ça est une stratégie pour que le candidat du pouvoir ne puisse pas avoir des candidats sérieux devant lui », a insisté le numéro un du MLC.

D’après lui, le 23 décembre, on assistera à une « parodie d’élection » car le pouvoir, d’après lui, choisit ses opposants.

Bien avant lui, Adolphe Muzito, autre personnalité politique dont la candidature a été invalidée par la CENI, avait fait savoir qu’il n’avait pas confiance en la Cour Constitutionnelle. Réaction très grave quand on sait que l’on doit aller aux élections avec ces institutions-là. Ce que, du reste, a recommandé le ministre de la Communication et médias, Lambert Mende Omalanga, à Jean-Pierre Bemba Gombo.

Le président Kabila ayant fait sa part, même s’il a tergiversé pendant deux ans, il a respecté, comme le voulait d’ailleurs « La Tempête des Tropiques », la Constitution. Ceux qui l’encourageaient à « glisser » ont vite changé de discours, en le présentant désormais comme « le père de la démocratie congolaise ».

Mais on dirait que ces sociétaires de la Majorité Présidentielle n’ont pas changé de méthode. Ils tiennent un autre discours pour s’accrocher au pouvoir. Ils ont confié la mission aux médias publics, leur appendice, de faire capoter le processus électoral. Les mesures du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), sensées veiller à la distribution équitable de la parole dans les médias, ne sont pas d’application.

Il n’y a pas longtemps, cette institution d’appui à la démocratie a rendu public un communiqué contre la campagne électorale précoce avec chansons et images à la gloire du parti ayant présenté un candidat, même s’il se présente comme candidat indépendant. A travers la ville, s’affichent des panneaux de sa gloire.

Comme l’a fait remarquer un observateur : « faut-il féliciter quelqu’un qui n’a fait que respecter la Constitution, comme il avait d’ailleurs prêté serment ». L’institution CSAC semble dormir sur ses lauriers. De son côté, le Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA) assiste impuissant à toutes ces accusations portées contre les candidats par rapport à la matière qu’il est sensé gérer. De toutes les façons, le CNSA n’est même pas installé.

Tout de même, il faut saluer Kabila qui n’a pas suivi les extrémistes de son camp, qui ne désarment pas du tout. Dans l’opposition, les leaders, provoqués à longueur de journée, restent sereins. On s’imagine bien, si chaque leader cherchait à emboiter le pas à ses sociétaires, on aurait déjà assisté à un embrasement, alors qu’on est à trois mois des élections.

Il sied de demander à l’opposition de prendre toutes les mesures d’encadrement qui s’imposent par rapport à cette cruciale étape. Eviter par exemple de se lancer des quolibets, alors qu’il faut chercher les voies et moyens pour affronter les candidats de l’autre camp qui jouissent de la confiance de certaines personnalités de leur camp, alors qu’il y a des enjeux comme la machine à voter, qu’il ne faut pas se contenter de rejeter. Il y a par ailleurs la formation des témoins pour surveiller les élections, qui ne semble pas avoir lieu chez les opposants.

Pendant ces temps, la situation socio-économique se dégrade davantage comme si le pays n’était pas gouverné. Plusieurs parents gardent les enfants chez-eux, faute de moyens de les envoyer à l’école. De nombreux travailleurs peinent de nouer les deux bouts de chaque mois. Des investisseurs envoient des agents en congé technique en attendant des lendemains sûrs. Ils espèrent de se positionner après la date du 23 décembre.
De part et d’autre, le triomphalisme est vraiment déconseillé pour éviter d’être à la risée d’autres peuples.


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