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A l’allure où vont les choses : Joseph Kabila désormais seul devant sa conscience

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Joseph Kabila  ferait mieux d’entendre la voix de la raison pour se conformer à la volonté du peuple congolais exprimée à travers la Loi fondamentale

La problématique du troisième mandat de Joseph Kabila vient de prendre une nouvelle dimension.  Après l’Union européenne et les Etats Unis d’Amérique qui ont souvent pris position sur cette question, c’est maintenant le tour de la communauté des pays des grands lacs de monter au créneau.  Elle emboite ainsi le pas au Président du Botswana qui a demandé  à Kabila de ne pas briguer un troisième mandat.

Cette situation qui donne à coup sûr des insomnies au fils de feu Mzee Laurent Désiré Kabila a pris ses racines à partir de l’opposition qui tient encore mordicus au respect strict de la constitution et à l’application des accords de la Saint Sylvestre.

Elle a intéressé au passage les princes de l’Eglise catholique qui digèrent encore mal la profanation de ses lieux saints après des actes de violence qui s’y sont déroulés.  Les Etats Unis et l’Union européenne ont par la suite embouché la trompette et aujourd’hui ce sont des voisins directs de la RDC qui envoient des messages forts à Kabila pour lui demander de partir.

Kabila dont les principaux alliés dans la sous région ont quitté la scène politique ferait mieux d’entendre la voix de la raison pour se conformer à la volonté du peuple congolais exprimée à travers la loi fondamentale.  L’axe Paris-Kigali-Luanda n’est certainement pas le dernier sur ce chapitre.

A ce propos d’ailleurs, l’Angolais Joao Lourenco est attendu à Kinshasa porteur sans doute d’un message du Président français Emmanuel Macron dont il a été l’hôte durant 48 heures. Le Brazzavillois Denis Sassou Nguesso, le Tchadien Idris Deby, le Nigérien Mamadou et le Tunisien Essebsi s’entretenaient avec leur homologue français sur le même dossier de la RDC, au moment où on était sous presse.

Secret de polichinelle  

Bien évidemment, le message destiné à Kinshasa ne manquera pas de faire allusion à la fameuse initiative suggérée par le président de l’Union Africaine qui n’est autre que Paul Kagame sur la question RD Congolaise.  Ce qui fâche est le fait qu’une réunion entre le Président français Macron et deux chefs d’Etat de la sous région s’est tenue à Paris sans la participation de la RDC.

Si le porte-parole du gouvernement RD Congolais a sermonné ladite rencontre, le Président angolais pour sa part n’a pas mâché les mots. Joseph Kabila doit organiser les élections auxquelles il ne prendra pas part a-t-il dit.

Des langues se délient de partout parce que la famille politique du chef de l’Etat congolais affiche une ambigüité déconcertante  à ce sujet. Tantôt elle assure que la constitution sera respectée scrupuleusement et que son autorité orale ne briguera pas un troisième mandat, tantôt elle annonce de manière tonitruante la candidature de son maitre à l’élection présidentielle.

Allant jusqu’à démarrer la campagne électorale de manière anarchique enfreignant de la sorte le calendrier de la CENI.  Joseph Kabila lui-même réagissant à une question lui posée par un journaliste s’est retranché dans un mutisme pas trop bien digéré par le reporter qui s’était vu remettre un exemplaire de la constitution en guise de réponse.

Ecouter la voix de la raison

Si Kabila pouvait lire les signes de temps, il comprendrait qu’il tirerait énormément profit en tournant provisoirement le dos sur la scène politique. Mobutu que l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) avait chassé du pouvoir s’était comporté de la même manière en écoutant les conseils des thuriféraires actuellement à coté de Kabila qui lui demandaient de s’accrocher au pouvoir.

Kabila qui ne va pas tout perdre en se retirant de la scène politique, pourra y demeurer, dans un premier temps, comme sénateur à vie comme le lui garantit la constitution.  Après, si la même constitution le lui permet, il pourra revenir tenter sa chance à la présidentielle comme il aime bien servir le pays.  Dans le cas contraire, il va risquer de faire ses valises dans la précipitation comme Mobutu.

Les présidents Mugabe, Zuma et Dos Santos qui ont finalement jeté l’éponge vivent tout de même tranquillement dans leur pays car après tout ils n’ont pas été foncièrement mauvais sur tous les plans.  C’est aussi un bel exemple à suivre.

Par GO


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