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Notre pays n’est pas géré ; il est livré aux méchants, aux personnes assoiffées de pouvoir et d’argent, sans vision ni valeurs

MARTIN FAYULU

ADRESSE A LA NATION – 30 DECEMBRE 2019

2020, ANNEE DE LA LIBERATION DE LA RDC

Mes très chers / chères compatriotes,

L’année 2019 qui s’achève a été pour nous, Congolaises et Congolais, une année de tragédies diverses.

Des massacres systématiques à Beni et dans d’autres parties de l’Est de la République, des cas de décès dus à la maladie à virus EBOLA, aux éboulements des terres, aux inondations, aux crashes d’avions, aux chavirements des navires/pirogues, aux accidents de train et de véhicules, sans compter certains de nos compatriotes qui ont rendu l’âme du fait de la pauvreté.

Je voudrai prier avec vous pour que les âmes de nos très chers disparus reposent en paix.

Aux malades, j’adresse mes souhaits de prompt rétablissement. Aux populations sinistrées, j’implore la miséricorde, le soutien et la justice de Dieu. A ceux qui sont incarcérés injustement, je leur exprime mon soutien et les rassure de ma détermination à combattre l’arbitraire.

Au-delà de ce que l’année 2019 aura représenté pour chacun de nous en termes d’épreuves, de peines ou de joies, de succès ou d’échecs, l’entrée dans une nouvelle année reste une faveur imméritée que Dieu, dans Sa souveraineté, nous accorde. A lui soit la gloire éternellement !

Très chers / chères compatriotes,

Le 30 décembre reste une date historique pour nous congolais. Elle représente la date à laquelle les congolais ont exprimé leur soif de démocratie, leur volonté de changer le Congo, de lui donner des dirigeants légitimes, légaux et dignes de confiance.

Plus grave qu’en 2006 et pire qu’en 2011, jamais le discrédit et le rejet d’un pouvoir en place n’a été si fort. Mais également, jamais le mépris de la vérité et la négation de la volonté populaire du congolais n’a été aussi insolente.

La fraude électorale n’est pas uniquement une grave atteinte à la civilisation démocratique. Elle relève d’un banditisme d’État qui, au-delà de détourner, de trahir et de manipuler l’expression de tout un peuple, véhicule dans la société le culte de la fraude, du mensonge, du vol et du gangstérisme.

Je mesure, chers compatriotes, votre déception et je partage votre peine et votre frustration devant ce hold-up électoral choquant, qui non seulement déshonore notre pays, mais aussi l’expose à toutes les malédictions.

Comme des criminels cherchant à cacher les traces de leur crime, ils ont essayé d’inoculer dans notre société le poison du tribalisme et des conflits interethniques. Heureusement, ils se sont heurtés à la maturité du peuple congolais, qui sait pertinemment bien que la crise post-électorale dans notre pays est un conflit entre la morale et l’immoralité, entre le civisme et l’incivisme, entre les patriotes et les fossoyeurs de la République.

C’est fini ! Nul et personne ne peut plus prendre en otage une ethnie, une tribu ou un clan du Congo, comme une clientèle politicienne manipulable à souhait ou comme un bouclier pour asseoir une tricherie électorale.

Comme je l’avais souligné dans mon message du 15 septembre dernier, à l’occasion de la journée internationale de la démocratie, la vérité des urnes, c’est la vérité de nos consciences; c’est l’expression de notre souveraineté et de notre dignité; c’est un droit fondamental à l’autodétermination d’un peuple; c’est un principe et une valeur de la démocratie. Il s’agit essentiellement de résoudre la question de la crise de légitimité de nos institutions et de leurs animateurs, source de notre dérive.

Raison pour laquelle j’ai, en toute responsabilité, mis sur la table la proposition de sortie de crise pour qu’avec les élections anticipées, précédées des réformes urgentes et nécessaires l’on puisse donner au pays des institutions fortes, fruits de la volonté du peuple.

Très chers / chères compatriotes,



L’unité du Congo, la cohésion nationale, la conscience d’appartenir à une même nation et le vouloir-vivre ensemble ont été forgées dans l’âme du congolais par nos devanciers, dont nous sommes fiers d’être des héritiers politiques.

A ce sujet, Patrice Emery LUMUMBA disait : « pour le peuple, je n’ai ni père ni mère; pour le pays, je ne suis d’aucune tribu, d’aucune province; je ne suis pas un homme, je suis une idée, je suis le CONGO, car le CONGO m’a fait, et à mon tour je façonne le CONGO … Celui qui vient vous dire, allons détruire chez l’autre parce qu’il n’est pas de notre tribu, de notre province, celui-là est l’ennemi de notre indépendance, de notre souveraineté ».

Très Chers / chères compatriotes,

Je viens de séjourner à Beni où j’ai passé la fête de la nativité avec les compatriotes qui y habitent afin de leur témoigner de ma compassion, de mon affection et de ma solidarité. Ce peuple de Beni m’a élu à plus de 90% grâce au vote organisé, de main de maitre, par les jeunes et ce, malgré les manigances du pouvoir qui a trouvé des prétextes hideux pour les exclure du choix de leur président.

J’ai vu mes compatriotes meurtris, se sentant abandonnés et ne sachant à quel saint se vouer, mais engagés à défendre l’intégrité du territoire national au péril de leurs vies avec le slogan “PAS DE CONGO SANS BENI”, que nous a légué le militant de la Lucha Muhindo Obadi, tué le 23 novembre dernier par la police. Paix à son âme!

On tue à Beni, on égorge à Beni, au vu et au su de tout le monde, y compris des FARDC et de la MONUSCO. Depuis octobre 2014, plus de 3 milles personnes ont été tuées à Beni et dans les environs par des forces négatives nationales et étrangères.

Plus de 10% de la population a fui Beni. Désertés par leurs habitants, des quartiers entiers sont devenus des quartiers-fantômes. Manifestement, on veut pousser le peuple Nande-Yira dans ses derniers retranchements, l’exterminer afin que des communautés étrangères s’accaparent de ses terres.

Les congolais de Beni sont convaincus, selon des témoignages que j’ai recueillis sur place, qu’il y a un plan, bien ficelé, d’occupation de Beni jusqu’au Haut-Uele en passant par l’Ituri, par des populations qui seront amenées des pays voisins. Ainsi, on a tenté d’occuper le Sud Lubero, mais cela n’a pas réussi grâce à la détermination farouche des congolais.

Il y a effectivement un travail en profondeur qui se fait pour saper l’unité de la RDC. On crée des petits groupes armés dans les différentes provinces afin de les fédérer à un moment donné. On monte les communautés les unes contre les autres pour créer des zones de tension partout.

Au nom de toutes les victimes de ces guerres d’agression et d’occupation qui, depuis 1998 ne cessent de martyriser les congolais et d’affaiblir le Congo, avec plus de 8 millions de tués, plus de 6 millions de déplacés internes, et plus de 3 millions de réfugiés, je demande à Monsieur Felix Tshisekedi Tshilombo de dire la vérité et toute la vérité sur le « deal » qu’il a signé avec Monsieur Joseph Kabila.

A tous les pays épris de paix et de justice, je leur demande de reconnaitre le « Génocide du peuple Nande-Yira ». Dans cet ordre d’idée, je préconise la tenue, sous l’égide des Nations-Unies, d’une conférence internationale pour faire toute la lumière sur la situation de l’Est du Congo.

Dans cet élan, je condamne la précipitation avec laquelle le découpage des 26 provinces a été opéré, sans programmation aucune, dans le seul but inavoué de fragiliser le pays, de créer des conflits entre tribus et clans pour faciliter la balkanisation de notre patrie.

Ainsi, Je dénonce l’idée de la “privatisation” de la province de Tanganyika dans le sens de l’ériger en « principauté », qui serait un Etat dans un Etat, propriété exclusive d’une famille.

Très chers / chères compatriotes,

Peut-on parler de l’alternance, du changement, lorsque les animateurs de toutes les institutions de la République, du président au bourgmestre, sont nommés par un individu ?

Peut-on parler de l’alternance, du changement, lorsque l’on est contraint de sillonner le monde au frais du trésor public pour exécuter la procuration donnée par Monsieur Kabila, au point de défendre les auteurs des violations des droits humains sanctionnés par l’Union Européenne et les Etats Unies d’Amérique ?

Peut-on parler de l’alternance, du changement, lorsque ceux qui ont détourné 15 Millions de dollars du trésor public vivent et travaillent paisiblement sans être inquiétés.

Peut-on parler de l’alternance, du changement, lorsque les populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de Haut-Uele, de l’Ituri, du Nord Katanga et d’ailleurs sont chaque jour systématiquement massacrées comme par le passé ?

Peut-on parler de l’alternance, du changement, lorsque les tueries de Kamwina Nsapu, qualifiées par certains comme un génocide, et à la base de plusieurs déplacés internes et externes, demeurent un mystère pour le peuple congolais ?

Peut-on parler de l’alternance, du changement, lorsque les massacres de Makobola, de Bundu dia Kongo, de Yumbi sont restés non élucidés et impunis alors que les populations réclament justice ? Que dire alors du charnier de Maluku ?

Peut-on parler de l’alternance, du changement, lorsque la souffrance de notre peuple ne fait que s’empirer de jour en jour?

Très Chers / chères compatriotes

Le système mis en place par Monsieur Kabila et ses maîtres n’est ni inconscient ni innocent. Il a notamment quatre objectifs :

  1. Affamer les congolais, y compris l’élite, pour priver le Congo de toute force et tout moyen de résistance ou d’insurrection;
  2. Piller l’argent du trésor public et livrer le sol, la forêt et le sous-sol du Congo aux convoitises des affairistes de tout bord afin de priver la nation des ressources nécessaires à son redressement et à son développement;
  3. Enfermer la jeunesse congolaise dans la débauche, l’alcool, la drogue, les antivaleurs, sans système d’éducation efficace pour la rendre totalement dépendante des autres;
  4. Entretenir le désordre au sein du pouvoir coutumier et affaiblir les entités territoriales de la RDC pour pousser les congolais à détester leur pays, à ne plus jamais croire qu’un quelconque meilleur avenir est possible et donc exposer le pays à la balkanisation économique d’abord et physique ensuite.

Très chers / chères compatriotes,

Notre pays n’est pas géré ; il est livré aux méchants, aux personnes assoiffées de pouvoir et d’argent, sans vision ni valeurs.

Le mensonge de la gratuité de l’enseignement est un crime contre l’avenir du Congo. Certes, conformément à la Constitution, nous voulons que nos enfants et petits-enfants aillent à l’école sans rien payer, mais nous voulons aussi un enseignement de qualité avec des enseignants motivés, en nombre suffisant et des infrastructures adéquates. Plus de 100 élèves dans des salles de classe insalubres avec des enseignants démotivés, certains non mécanisés et non payés, c’est cela le résultat de la démagogie propagandiste pendant qu’ailleurs on cherche à former correctement les enfants pour qu’ils relèvent les défis de demain.

Le mensonge du budget de l’Etat est un deuxième crime contre l’avenir du Congo. L’Etat congolais avec toutes les ressources naturelles dont regorge le pays est incapable de générer 10 milliards de dollars de ressources à cause de la corruption et du pillage organisé.

Très chers / chères compatriotes,

Nous avons tout ce qu’il faut pour être une économie productive, prospère, créatrice de richesses et d’emplois. Mais ce qui tue notre pays, sur le plan de la gouvernance, c’est le cancer de la corruption et du pillage des deniers publics.

Ainsi, au nom du peuple, j’exige que toute la lumière soit faite sur toutes les affaires ténébreuses de corruption, notamment :

  • Le projet Bukanga Lonzo, qui semble être la plus grande escroquerie d’Etat depuis la zaïrianisation;
  • L’affaire des 15 millions de dollars de décote sur la créance des sociétés pétrolières sur le trésor public que d’aucuns ont qualifié de “retro-commission”;
  • La sombre affaire de 200 millions de dollars, issus d’un prêt contracté auprès d’un individu sous sanctions américaines;
  • La gestion des 6 milliards de dollars du fameux « Contrat chinois »;
  • La gestion du projet hydroélectrique de Busanga dans la province de Lualaba, particulièrement sur le prêt de 328 million de dollars accordés au gouvernement de la RDC par le Groupement d’Entreprises Chinoises et le rôle de l’entreprise privée “Congo Management” dans ledit projet;
  • La gestion de l’Agence pour le développement et la promotion du Grand Inga, qui gère le projet Inga 3 en toute opacité, et sans mécanisme de redevabilité avec un risque d’endettement excessif du pays;
  • Les procédures de passation et financement de marchés relatifs aux travaux de 100 jours ;
  • La mine en construction de Kamoa-Kakula à Kolwezi qui regorge un potentiel de 50 million de tonnes de cuivre représentant une valeur de 310 milliards de dollars au prix actuel du cuivre. Ce gisement vient ainsi consolider le potentiel à vue de la filière cuivre de notre pays qui passe à 120 millions de tonnes de cuivre; ce qui représente à l’heure actuelle, une valeur de 750 milliards de dollars. A ce chiffre, il faut ajouter 6 millions de tonnes de cobalt qui accompagnent le cuivre dans certains gisements du Grand Katanga. Au prix actuel de 32.500 dollars la tonne, cela représente une valeur de 200 milliards de dollars.
  • La mine souterraine de Kipushi qui accuse les teneurs en zinc les plus riches du monde, 35% en moyenne et qui contient 4 millions de tonnes de zinc pour une valeur de 9 milliards;
  • Les gisements de lithium de Manono qui se classent à l’heure actuelle au deuxième rang mondial avec près de 7 millions de tonnes, soit une valeur de 85 milliards de dollars. Certains experts pensent même que le potentiel peut aller au-delà de 100 million de tonnes.
  • Les 350 millions de dollars ayant trait au fonds vautour FG HEMISPHERE, créancier de la RDC, disparus dans une banque à Hong-Kong.

Très chers/ chères compatriotes,

Il y a plus de 60 ans, Patrice Emery Lumumba avait demandé aux congolais d’agir dans l’unité, de rester débout, afin d’assurer la grandeur de notre pays et de léguer à la postérité l’amour, de la liberté. Il nous le redit en ce jour :

  • Il n’y a que nous-mêmes, congolaises et congolais, et personne d’autre, pour mettre fin à toutes ces hautes trahisons commises par des filles et des fils du pays contre leur propre pays.
  • Il n’y a que nous-mêmes, congolaises et congolais, et personne d’autre, pour mettre fin à toutes ces guerres qui, année après année, enferment le Congo dans le deuil et le désespoir.
  • Il n’y a que nous-mêmes, congolaises et congolais, et personne d’autre, pour mettre fin au règne de l’incompétence, de l’insouciance, de la médiocrité, du gangstérisme et de la banalisation aussi bien de la corruption que du pillage de l’argent du trésor public au sommet de l’Etat.

Très chers / chères compatriotes,

Notre peuple se distingue d’une manière légendaire par son hospitalité, sa générosité et son caractère pacifiste. Seulement voilà, nos ennemis en profitent pour nous dominer et nous exploiter. Au demeurant, la culture de paix n’équivaut pas à la naïveté, au laisser-aller ou à la soumission. Comme en 1959, en 1992, en 1998, en 2004, en 2015 et à tant d’autres occasions, nous devons nous montrer vaillants et prompts à défendre notre dignité et notre patrie.

C’est pourquoi, en ce jour mémorable, je lance un appel solennel :

A l’élite congolaise : l’histoire nous renseigne que c’est grâce à leurs élites que les différentes sociétés ont connu des mutations qualitatives. Devant les réalités sociales, économiques, politiques et sécuritaires qui sont les nôtres aujourd’hui, plus que jamais, notre pays a besoin de ses enfants qui se sont élevés en connaissance. Le pays vous attend. Quittez vos zones de confort aléatoires qui vous procurent des semblants de satisfactions égoïstes. Indignez-vous de la souffrance de votre peuple et du plan machiavélique contre votre pays pour vous engager résolument dans le vrai combat, celui de défendre la patrie et de bâtir une nation digne et prospère.

Faites preuve d’audace, à l’instar de notre prix Nobel de la paix, le Docteur Denis Mukwege qui vient de ressusciter le Rapport Mapping de l’ONU.

Aux serviteurs de Dieu : je vous exhorte vous aussi, à sortir de vos zones de confort et à prendre véritablement soin des enfants de Dieu sans ambiguïté, car un berger qui n’accompagne pas ses brebis n’est pas digne de sa vocation. L’évangile de Jésus-Christ est un évangile qui annonce, dénonce et averti. Soyez des vraies sentinelles !

Aux congolaises et congolais de la diaspora : je vous prie d’unir vos forces, vos intelligences et vos moyens pour venir en aide au pays en danger.

A la jeunesse congolaise : N’acceptez plus que l’on vous utilise comme des faire-valoir par des politiciens véreux qui vous clochardisent d’abord et vous donnent ensuite des miettes de ce qu’ils prennent dans les caisses de l’État. L’avenir vous appartient et l’État a la responsabilité de créer pour vous un environnement qui permet à chacun de vous de vivre décemment et de rêver d’une vie meilleure pour vous et d’un devenir radieux pour le pays.

A tous les Congolaises et Congolais : Départissons-nous des distractions et de la légèreté dans la façon dont nous appréhendons les questions du pays; refusons d’être instrumentalisés. L’année 2020 marquera le 60ème anniversaire de l’avènement de notre pays comme nation indépendante et souveraine.

La question que nous devons nous poser essentiellement est celle de savoir ce que nous avons fait de l’héritage des pères fondateurs qui avaient vaillamment répondu à l’appel de la patrie pour conduire notre nation à réaliser sa première aspiration, à savoir l’accession à la souveraineté internationale. Sommes-nous conscients, qu’au-delà de notre résilience, de notre espace, que les États sont mortels ? Ils peuvent, en effet, disparaître, se désintégrer par absence de vision ou par démission de son élite.

Je demande instamment à ceux qui organisent des séminaires en vue de changer la loi foncière et permettre ainsi à certains intrus d’acquérir des terres à l’Est du pays, de renoncer à leur projet macabre.

Je presse Monsieur Corneille Nangaa et la CENI de publier les résultats des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 30 décembre 2018, conformément aux articles 68, 69, 70, 70 bis et 71 de la loi électorale. Ils n’ont pas d’autre choix que de se conformer.

Je prie le président de la Cour constitutionnelle, Monsieur Benoît Lwamba de dire la vérité, rien que la vérité sur la proclamation des résultats définitifs.

A Monsieur Felix Tshisekedi Tshilombo, je l’encourage à demander pardon au peuple congolais et à renoncer au “deal” qu’il a signé avec Monsieur Kabila.

Très chers / chères compatriotes,

La lutte pour la démocratisation de notre pays et de l’état de droit, que nous menons ensemble depuis les années 1990, intensifiée à partir de 2015, n’est pas vaine. Elle est plutôt victorieuse, même si cette victoire n’est pas encore consolidée.

Je salue tous les acteurs de la paix et les défenseurs de la démocratie pour leur engagement sans réserve à lutter pour le changement effectif du Congo. Je pense particulièrement au peuple congolais, à feu le Président Etienne Tshisekedi d’heureuse mémoire, aux membres du Comité Laïc de coordination « CLC », aux jeunes des mouvements citoyens la LUCHA, FILIMBI et autres, à l’Eglise catholique, à l’Eglise du Christ au Congo, à la société civile acquise au changement ainsi qu’à mes amis et compagnons de lutte de Lamuka.

J’exprime ma gratitude à nos compatriotes de la diaspora pour leur engagement et contribution inestimables aux efforts de démocratisation du pays et de solidarité nationale.

Je m’incline, une fois de plus, avec émotion et gravité, devant le sacrifice de nos martyres qui sont morts pour la nation congolaise.

Ils ont donné leur vie pour sauver la démocratie et sortir notre Etat de la tyrannie. J’ai une pensée particulière à l’endroit de tous ceux qui garderont longtemps les stigmates de la barbarie et de la dictature.

Très chers / chères compatriotes,

Voilà pourquoi, nous devons plus que jamais réagir avec courage pour montrer au monde entier que nous sommes conscients de l’existence d’un plan machiavélique contre notre pays et nous sommes déterminés à le défendre.

Ainsi, le 17 janvier 2020, jour du martyr de notre héros national, je vous invite à une Marche de deuil et d’indignation sur toute l’étendue du pays et dans la diaspora. Deuil pour pleurer nos frères et sœurs tués à Beni et ailleurs. Indignation, pour exprimer notre désapprobation au plan de balkanisation de notre pays. Ce jour-là, soyons tous des Lumumba. Bandeau blanc autour de la tête, nous marcherons pour dire au monde entier que nous sommes désormais réveillés, débout, déterminés et en marche pour sauver notre patrie en danger. Ceux qui ne pourront pas marcher, qu’ils portent seulement le bandeau blanc du deuil et d’indignation partout où ils se trouveront.

Le 12 et le 13 février 2020, nous organiserons un Forum sur le thème : l’intégrité de la RDC.

Mes très chers / chères compatriotes,

Je formule le vœu que l’année 2020 soit, pour chacun de nous, une année de paix et de sécurité, une année de bonne santé, de grande espérance, de joie et de réussite à la fois dans nos projets personnels et au service de notre cher et beau pays, la République Démocratique du Congo.

Je décrète l’année 2020 : l’année de libération de la République Démocratique du Congo.

Nous ne serons jamais, jamais alors jamais esclave de qui que ce soit !

Réveillons-nous!

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son vaillant peuple!

Bonne et heureuse année 2020.

Je vous remercie

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